Poème 'Ballade sur lui-même' de Théodore de BANVILLE dans 'Trente-six ballades joyeuses'

Ballade sur lui-même

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Trente-six ballades joyeuses"

Assembleur de rimes, Banville,
C’est bien que les chardonnerets
Chantent dans les bois de Chaville;
Mais veux-tu chez les Turcarets
Emplir ton coffre et tes coffrets?
Plante là ton rêve féerique!
C’est bien dit, mais je ne saurais,
Je suis un poëte lyrique.

Je puis encor charmer la ville
Avec la flûte de Segrais;
Mais exercer un art servile,
Comment l’oserions-nous, pauvrets!
Si je le pouvais, j’aimerais
La toile-cuir et l’Amérique,
Mais de quoi servent les regrets?
Je suis un poëte lyrique.

Mon allure est trop peu civile.
Toujours (autrement je mourrais,)
Fuyant toute besogne vile,
Je retourne aux divins retraits,
Comme, fuyant l’impur marais,
A travers la nue électrique
L’oiselet retourne aux forêts;
Je suis un poëte lyrique.

Envoi.

Prince, voilà tous mes secrets,
Je ne m’entends qu’à la métrique:
Fils du dieu qui lance des traits,
Je suis un poëte lyrique.

Juillet 1869.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Théodore de BANVILLE

Portait de Théodore de BANVILLE

Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto