Poème 'Bohémiens en voyage' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Fleurs du Mal'

Bohémiens en voyage

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Fleurs du Mal"

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s’est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson ;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L’empire familier des ténèbres futures.

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Commentaires

  1. Baudelaire le prince de la poésie.

  2. Penseur bicéphale
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    Ce monstre, il eut deux chefs aux cervelles ardentes,
    Il les avait déjà quand il était petit ;
    Cet être infortuné montre un double appétit,
    De plus il dit toujours des choses redondantes.

    Quand ses deux paires d’yeux fixent une passante,
    Elle pense aussitôt « Cet homme est mal loti » ;
    Puis son double désir est bien vite amorti,
    Même si la donzelle est assez ravissante.

    Ses deux cerveaux, pourtant, se font une raison,
    Retournant bouquiner dans leur pauvre maison ;
    Dans le jardin s’étiole une maigre verdure.

    On trouve pire encore en ce vaste univers,
    Témoin le tricéphale aux trois visages verts ;
    Ce sont des mutations qui depuis longtemps durent.

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