Poème 'Ch’livreur de pain' de dutaillyphilippe

Ch’livreur de pain

dutaillyphilippe

Les arbres de la nuit
Ont des bras inquiétants.
Chaque ombre s’évanouit
Tel un monstre mutant !

Voilà ce qu’entrevoit
Un jeune travailleur
En donnant de la voix
Pour tuer ses frayeurs.

Il va livrer le pain
Avec un attelage
Qui, suivant les sapins,
Va de bourgs en villages.

Quand finit sa tournée,
Passé le dernier val,
C’est la fin de journée,
L’heure des soins du cheval.

Et partout les terrils
Couvrent le territoire.
Ces poussières stériles
Façonnent son histoire.

Sur un fond de farine,
Le poussier s’assemblant,
Produit, de sa poitrine,
Des toux en noir et blanc.

Revient dans le coron,
Tout briqué de tristesse,
Semblables environs
Et semblables détresses.

Quand il a du chagrin,
L’enfant monte au grenier,
Comme l’oiseau, dans le grain,
Gagne le pigeonnier.

Et partout les terrils
Couvrent le territoire.
Ces poussières stériles
Façonnent son histoire.

Puis un jour pour Paris
Il partit un matin
Misant dans un pari,
Son destin incertain.

Son nom est DUTAILLY,
Alfred de son prénom,
Depuis il est parti
mais je porte son nom.

Maintenant les terrils
Bitument les trottoirs
Et la fin des terrils,
C’est la fin de l’histoire.

12/11/1988

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