Poème 'Complainte de cette bonne lune' de Jules LAFORGUE dans 'Les Complaintes'

Accueil > Les poètes > Poèmes et biographie de Jules LAFORGUE > Complainte de cette bonne lune

Complainte de cette bonne lune

Jules LAFORGUE
Recueil : "Les Complaintes"

On entend les étoiles :

Dans l’giron
Du Patron,
On y danse, on y danse,
Dans l’giron
Du Patron,
On y danse tous en rond.

-Là, voyons, mam’zell’ la Lune,
Ne gardons pas ainsi rancune;
Entrez en danse, et vous aurez
Un collier de soleils dorés.

-Mon Dieu, c’est à vous bien honnête,
Pour une pauvre Cendrillon ;
Mais, me suffit le médaillon
Que m’a donné ma sœur planète.

-Fi ! Votre Terre est un suppôt
De la pensée ! Entrez en fête;
Pour sûr vous tournerez la tête
Aux astres les plus comme il faut.

-Merci, merci, je n’ai que ma mie,
Juste que je l’entends gémir !

-Vous vous trompez, c’est le soupir
Des universelles chimies !

-Mauvaises langues, taisez-vous !
Je dois veiller. Tas de traînées,
Allez courir vos guilledous !

-Va donc, rosière enfarinée !
Hé ! Notre-dame des gens saoûls,
Des filous et des loups-garous !
Metteuse en rut des vieux matous !
Coucou !

Exeunt les étoiles. Silence et lune. On entend:

Sous l’plafond
Sans fond,
On y danse, on y danse,
Sous l’plafond
Sans fond,
On y danse tous en rond.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Loup d’azur et d’or
    ----------

    Naguère, je chantais la Lune et son halo,
    Ma complainte amusait les petits angelots ;
    La Lune est toujours là, pourtant je n’en ai cure,
    Peu m’importe aujourd’hui que ma nuit soit obscure.

    Jeune, je traversais mon domaine au galop,
    Sautant de roc en roc je savais passer l’eau ;
    L’âge venu, mes pieds de faible créature
    Hésitent, comme ceux d’un pauvre être immature.

    J’aligne sans raison des mots que je rumine,
    D’un rire rarement ma face s’illumine ;
    Ce n’est pas un cadeau de devenir si vieux.

    Or, parfois, le matin, quand les oiseaux babillent,
    Un grand soleil d’antan sur ma grise âme brille ;
    Alors, je me souviens d’autres temps, d’autres lieux.

  2. ***
    ----

    Le loup d'azur dort
    Je ne sais pas jusqu'à quand
    Ni quels sont ses rêves.

Rédiger un commentaire

© 2022 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS