Poème 'Élégie' de Raymond RADIGUET dans 'Les Joues en feu'

Élégie

Raymond RADIGUET
Recueil : "Les Joues en feu"

Araignée. À moins que l’espoir
Du matin dure jusqu’au soir,
La voilette en fils de la vierge
Dérobera notre adultère.

Ariane, faudrait-il taire
Ta chance d’être parvenue
À démêler tous ces mystères
Où s’embrouillait même Vénus
Y perdant pied, perdant haleine,
Comme nous dans ses tendres pièges.
Êtes-vous pelote de laine,
Mon cœur, par la chatte agacé ?

Vierge, voici le fil cassé.
C’est bien de ta faute, Vénus,
Puisque nos cœurs sont la pâture
De tes tigres en miniature.

Et la Parque pendant ce temps
Tisse des bonnets de coton,
Pour que les anges en pantoufles,
Visitant les vivants qui souffrent

Les coiffent telle une bougie
De l’éteignoir. Fais-tu défaut,
Coiffure de mon élégie,
Sur les âmes eux-mêmes soufflent ;
Mais les anges sont des ténors
Se ménageant pour chanter haut
Notre louange, dès la mort.

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Raymond RADIGUET

Portait de Raymond RADIGUET

Raymond Radiguet est un écrivain français, né le 18 juin 1903 à Saint-Maur et mort le 12 décembre 1923 à Paris.
Ainé de sept enfants, il est le fils du dessinateur Maurice Radiguet (1866-1941). Sa mère est Jeanne Marie Louise Tournier (1884-1958). Après l’école communale, il passe l’examen des bourses et entre au... [Lire la suite]

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