Poème 'Un cygne mort…' de Raymond RADIGUET dans 'Les Joues en feu'

Un cygne mort…

Raymond RADIGUET
Recueil : "Les Joues en feu"

Un cygne mort ne se remarque
Parmi l’écume au bord du lac.

Léda te voilà bien vengée,
Pense qu’un cygne au tien pareil
D’une aïeule charmant l’oreille
Au premier chant fut égorgé.

Son duvet emplit l’édredon
Sous lequel Léda délaissée
Informe de son abandon
Le passant qui déjà le sait.

Passez, couleurs, puisque tout passe
À la fin il reste du blanc.
Les anges en peignoir de bain
Sur le sable n’ont laissé trace

De leur passage. Et les dérange
Du chien la nuit quelque aboiement,
Le simple coup de pied d’un ange
Enseigne au chien comme l’on ment.

Et toi, mon cygne, ma tristesse,
Qu’en attendant Noël j’engraisse,
Les larmes dont ton cœur est plein
Empêchent le sang de tacher
Le sable sur lequel Léda
Pour un cygne se suicida.
Son linge, ses larmes séchés,
L’ange s’élance du tremplin.

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Commentaires

  1. Sacrifice barbare
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    Ces trois feuilles je brûle en l’honneur du dieu Cygne,
    Pour charmer son esprit, pour entendre sa voix ;
    Je me mets à genoux pour proclamer ma foi,
    Sans craindre, autour de moi, les démons qui trépignent.

    Nous adorons ce dieu, car il est noble et digne,
    Il a civilisé les trolls au fond des bois ;
    Il est le préféré de Jupiter, son roi,
    Partageant avec lui le nectar de la vigne.

    Autrefois je l’ai vu, survolant les sommets
    Ou, le soir, contemplant la lune qui l’envoûte ;
    Qu’importe, s’il m’a pris la femme que j’aimais...

    C’est en latin qu’il chante et les moines l’écoutent ;
    Il rassure les âmes, il apaise les doutes,
    Ce cygne que Léda son chevalier nommait.

  2. Suite et fin du canard
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    Dans un autre monde
    Andersen lit ce poème,
    Il n'applaudit pas.

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