Poème 'Hommage et famine' de René CHAR dans 'Fureur et mystère'

Hommage et famine

René CHAR
Recueil : "Fureur et mystère"

Femme qui vous accordez avec la bouche du poète, ce torrent au limon serein, qui lui avez appris, alors qu’il n’était encore qu’une graine captive de loup anxieux, la tendresse des hauts murs polis par votre nom (hectares de Paris, entrailles de la beauté, mon feu monte sous vos robes de fugues) ,Femmes qui dormez dans le pollen de fleurs, déposez sur son orgueil votre givre de médium illimité, afin qu’il demeure jusqu’à l’heure de la bruyère d’ossements l’homme qui pour mieux vous adorer reculait indéfiniment en vous la diane de la naissance, le poing de sa douleur, l’horizon de sa victoire.
(Il faisait nuit. Nous nous étions serrés sous le grand chêne de larmes. Le grillon chanta. Comment savait-il solitaire, que la terre n’allait pas mourir, que nous, les enfants sans clarté, allions bientôt parler ?)

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Commentaires

  1. Éveil de la conscience
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    René Char apprécie la douceur féminine,
    Ce n'est pas seulement qu'il en prend réconfort,
    Mais c'est pour découvrir un sentiment plus fort,
    L'éveil de la conscience en la nuit cristalline.

    Est-ce toi, ce grillon chantant sous le grand arbre ?
    La forêt retentit de ta note d'argent,
    C'est un destin d'amour, sous nos yeux, se forgeant :
    Quelques mots de René, qu'on grave dans le marbre.

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