Poème 'La Cure' de Louisa SIEFERT dans 'Rayons perdus'

La Cure

Louisa SIEFERT
Recueil : "Rayons perdus"

Clochers silencieux montrant du doigt le ciel !
Théophile Gautier.

C’est un vieux cimetière étroit, pauvre, rustique,
Où d’humbles croix de bois, lugubre floraison,
Se détachent en noir sur le vert du gazon.
Puis une église avec un auvent pour portique,
Dont le petit clocher montrant le ciel du doigt,
Par un mouvement doux s’accoude sur le toit.

Adossée à l’église & plus modeste encore
La cure : une fenêtre avec un rideau blanc,
Un pot de basilic, un volet chancelant,
Au devant un jardin qu’un seul rosier décore
Et que ferme une claie, aux vieux ais vermoulus
Qui depuis bien longtemps ne se rejoignent plus.

Le tout calme, discret, charmant, mélancolique ;
Quelques saules pleureurs, un ou deux peupliers
Et comme fond, là-bas, de gros & grands noyers.
Pas une âme d’ailleurs sur le sentier oblique,
Qui fuit le long du mur & des buissons chétifs :
Seule, la rêverie y marche à pas furtifs.

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Louisa SIEFERT

Portait de Louisa SIEFERT

Louisa Siefert, née à Lyon le 1er avril 1845 et morte à Pau le 21 octobre 1877, est une poétesse française. Issue d’une famille protestante établie à Lyon, elle reçoit une éducation religieuse. Son père était originaire de Prusse et sa mère du canton de Thurgovie en Suisse. Son premier recueil de poèmes,... [Lire la suite]

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