Poème 'La femme est une malade' de Jules LAFORGUE dans 'Premiers poèmes'

La femme est une malade

Jules LAFORGUE
Recueil : "Premiers poèmes"

(Michelet)

La noce touche à sa fin. La tête me bout
Depuis huit jours. J’enrage, oh! quand je vois surtout
De mes nouveaux parents la cohue attendrie,
Je crois que j’en ferais, certe, une maladie!
- Mais enfin tout cela sera fini ce soir.
Profitons d’un instant où nul ne peut me voir
Pour aller un moment respirer dans la serre.
Ah! qu’on est… – Allons bon! voilà ma belle-mère!

- Ah! mon gendre, je vous cherchais,
Car j’avais hâte de vous dire,
Mon Dieu.., le peu que désormais
Pour ma pauvre enfant je désire.
Croyez-moi, c’est un vrai trésor,
Mon cher gendre, que je vous donne,
Et je crois, le ciel me pardonne,
Que vous êtes un peu butor.
Si vous la rendiez malheureuse,
Oh! je vous grifferais les yeux.
Dorlotez-la de votre mieux,
Elle est si faible, si nerveuse.
Soyez constamment inquiet
De ce qui peut la satisfaire,
Prenez enfin pour bréviaire
La Femme du grand Michelet.

- Pour bréviaire? Soit. Allez, ma belle-mère.
- Et depuis ce jour-là mon épouse est sous verre

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto