Poème 'La mort des amants' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Fleurs du Mal'

La mort des amants

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Fleurs du Mal"

Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;

Et plus tard un Ange, entr’ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

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Commentaires

  1. Faisons-nous la vie légère,
    Ne craignons pas le tombeau ;
    Garnissons nos étagères,
    Des ouvrages les plus beaux.

    Ces années sont les dernières,
    Consumons donc les flambeaux,
    N'épargnons point la lumière
    De nos deux soleils jumeaux.

    Respirons cet air mystique,
    C'est une occasion unique,
    De vivre de fiers adieux ;

    La faucheuse est à la porte,
    J'entends son rire joyeux,
    Ma chandelle est presque morte.

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Charles BAUDELAIRE

Portait de Charles BAUDELAIRE

Charles Pierre Baudelaire est un poète français, né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867 à Paris. Il est l’un des poètes les plus célèbres du XIXe siècle : en incluant la modernité comme motif poétique, il a rompu avec l’esthétique classique ; il est aussi celui qui a popularisé le poème en... [Lire la suite]

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