Poème 'Le cadre' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Fleurs du Mal'

Le cadre

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Fleurs du Mal"

Comme un beau cadre ajoute à la peinture,
Bien qu’elle soit d’un pinceau très vanté,
Je ne sais quoi d’étrange et d’enchanté
En l’isolant de l’immense nature,

Ainsi bijoux, meubles, métaux, dorure,
S’adaptaient juste à sa rare beauté ;
Rien n’offusquait sa parfaite clarté,
Et tout semblait lui servir de bordure.

Même on eût dit parfois qu’elle croyait
Que tout voulait l’aimer ; elle noyait
Sa nudité voluptueusement

Dans les baisers du satin et du linge,
Et lente ou brusque, à chaque mouvement
Montrait la grâce enfantine du singe.

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Commentaires

  1. L’oie de gueules
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    De cette oie rouge on fit belle peinture,
    Ce dont l’auteur vivement fut vanté ;
    Car il peignit un plumage enchanté
    Dont, sûrement, jalouse est la nature.

    À tel écu n’est besoin de dorure,
    Contentons-nous de sa sobre beauté ;
    Rien ne vaudra sa parfaite clarté,
    Ces quelques vers lui servent de bordure.

    L’oie fut magique, à ce que l’on croyait,
    Et le chagrin du monde elle noyait
    D’incantations dites bien savamment.

    Non, ce n’est pas une volaille lourde,
    Très élégants sont tous ses mouvements ;
    Quant à l’humour, elle n’y est pas sourde.

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