Poème 'Le pitre châtié' de Stéphane MALLARME dans 'Poésies'

Le pitre châtié

Stéphane MALLARME
Recueil : "Poésies"

Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître
Autre que l’histrion qui du geste évoquais
Comme plume la suie ignoble des quinquets,
J’ai troué dans le mur de toile une fenêtre.

De ma jambe et des bras limpide nageur traître,
A bonds multipliés, reniant le mauvais
Hamlet ! c’est comme si dans l’onde j’innovais
Mille sépulcres pour y vierge disparaître.

Hilare or de cymbale à des poings irrité,
Tout à coup le soleil frappe la nudité
Qui pure s’exhala de ma fraîcheur de nacre,

Rance nuit de la peau quand sur moi vous passiez,
Ne sachant pas, ingrat ! que c’était tout mon sacre,
Ce fard noyé dans l’eau perfide des glaciers.

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Commentaires

  1. Menhir de sable
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    De cet obscur menhir la magie peut renaître ;
    Ces mondes inconnus que le druide évoquait,
    Même si, bien souvent, le peuple s’en moquait,
    Pour qui, mais vainement, s’ouvrait cette fenêtre.

    Le charme reviendra, le menhir n’est pas traître,
    Il ’est pas habité par un démon mauvais.
    Si, de cet abandon, un mage le sauvait,
    Les vieux enchantements viendraient à reparaître.

    Or, d’être laissé seul, il n’est pas irrité.
    Tous les jours le soleil frappe sa nudité,
    Qui, sombre, s’embellit de sa fraîcheur de nacre,

    Car très tendre est sa chair plus dure que l’acier,
    Menhir, vaillant témoin des règnes et des sacres,
    Lui qui est plus âgé que l’homme des glaciers.

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