Poème 'Les Nécessités de la vie' de Paul ÉLUARD dans 'Les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves'

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Les Nécessités de la vie

Paul ÉLUARD
Recueil : "Les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves"

Vrai

Huit heures, place du Châtelet, dans ce café où les chaises ne sont pas encore rangées, où la vaisselle opaque s’étale dans tous les coins.

Je ne saurai jamais si je dors bien. Plus la pluie est fine, plus le monde est loin. Et il faudrait attendre, il faudrait descendre pour retrouver le soir sec, pour retrouver cent lumières au moins aux voitures fortes et justes, aux cloches des champs et, ni dans l’air, ni dans l’eau, tous les gracieux sillages des bonnes santés obscures. À la bonne heure, on n’abuse pas de la vue ici !


Les Autres

Parpagnier ?… Parpagnier ?… C’est mon meilleur ami. Je l’admire ceux qui lui ressemblent. Mais il meurt, nul ne lui ressemble plus et je l’admire toujours.

Ce n’est pas l’hiver. Les déserts changent leur lumière et me couvrent la face. Le bel inconnu, le bel inconnu. Le ciel vient et me regarde dans les yeux charmeurs de serpents charmeurs de danseuses.


Les Fleurs

J’ai quinze ans, je me prends par la main. Conviction d’être jeune avec les avantages d’être très caressant.

Je n’ai pas quinze ans. Du temps passé, un incomparable silence est né. Je rêve de ce beau, de ce joli monde de perles et d’herbes volées.

Je suis dans tous mes états. Ne me prenez pas, laissez-moi.

*

Mes yeux et la fatigue doivent avoir la couleur de mes mains. Quelle grimace au soleil, mère Confiance, pour n’obtenir que la pluie.

Je t’assure qu’il y a aussi clair que cette histoire d’amour : si je meurs, je ne te connais plus.

Définitions

Boire du vin rouge dans des verres bleus et de l’huile de ricin dans de l’eau-de-vie allemande, horizon lointain.

*

Un homme vivant monté sur un cheval vivant rencontre une femme vivante tenant en laisse un chien vivant.

*

Une robe noire ou une robe blanche ? Des grands souliers ou des petis ?

*

Regarde. Là, en face, celui qui travaille gagne de l’argent.

J’ai lu que « vieux malade honteux », que « fortune coquette à Paris » et que « cet éventail de belles arêtes ».

*

Flamme éteinte, ta vieillesse c’est fumée éteinte.

*

Je n’aime pas la musique, tout ce piano me prend tout ce que j’aime.

La Paresse

J’ai jeté ma lampe dans le jardin pour qu’il voie clair et je me suis couché. Le bruit remuait tout au dehors. Mes oreilles dorment. La lumière frappe à ma porte.

Conséquences des rêves

Le château faisait le tour de la ville. Au fond, les habitants s’aimaient bien. En haine nécessaire et périodique, ils ne se passaient l’épée qu’autour du corps.

la vie, grand-père, père et fils, trois hommes, d’évidence en évidence en évidence.

Ombres sans ombres. Le soleil commença sa promenade dans la place. Des plantes et des fidèles accompagnaient son chant. Des nuages sur la tête et les pieds dans la poussière, grandirait-il ?

Nous, nous étions à l’ombre des anges, l’amour ancien.

1921

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Paul ÉLUARD

Portait de Paul ÉLUARD

Paul Éluard, de son vrai nom Eugène Émile Paul Grindel (14 décembre 1895 à Saint-Denis – 18 novembre 1952 à Charenton-le-Pont ), est un poète français. C’est à l’âge de vingt et un ans qu’il choisit le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme et est l’un des... [Lire la suite]

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