Poème 'Marie Stuart' de Théodore de BANVILLE dans 'Les princesses'

Marie Stuart

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Les princesses"

On y menait Marie, pour la récompenser et la distraire, à l’heure où les chiens rentraient et se précipitaient par les portes, par les fenêtres basses, vers leurs loges.
J.-M. Dargaud, Histoire de Marie Stuart.

A Saint-Germain, devant le fier château, Marie
Stuart, le front orné de perles et d’or fin,
Arrive de la chasse avec le roi dauphin,
Car elle aima toujours la noble vénerie.

Toute la cour l’entoure avec idolâtrie,
Oubliant pour ses yeux la fatigue et la faim,
Et François pâlissant, dans un songe sans fin,
Admire sa blancheur et sa bouche fleurie.

Ronsard dit : « C’est le lys divin, que nul affront
Ne peut ternir ! » Le roi Henri la baise au front.
Cependant, elle rit tout bas avec madame

De Valentinois, blonde aux cheveux ruisselants,
Et ces folles beautés, que le carnage affame,
Regardent au chenil rentrer les chiens sanglants.

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Commentaires

  1. Paléographe
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    Au bas d'un parchemin, je lis ton nom : Marie,
    Les lettrines y sont rehaussées d'un or fin.
    Le scribe fut payé par le Seigneur Dauphin,
    Homme d'érudition et de chevalerie.

    L'écrit parle d'un ange, et non de diablerie :
    Et d'amour, qui peut plus que la soif et la faim,
    Mais qui aux coeurs jaloux peut prendre triste fin,
    Ou bien par inconstance, ou par friponnerie.

    Marie, j'aime ces vers où tu ne fais affront
    À nul homme sur terre, où ta plume fait front
    Au destin menaçant, au malheur et aux drames.

    Tu contemples le ciel, d'étoiles ruisselant :
    C'est un spectacle fait pour raffermir ton âme,
    Jusqu'au matin, chargé de nuages sanglants.

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