Poème 'Prisonnier' de Maninred

Prisonnier

Maninred

Épave capturée par les griffes du temps,
Je suis emmêlé dans la toile arachnéenne,
Je me débats, natté par d’innombrables chaines,
Prisonnier asservi de ces nœuds contraignants.

Les mains enchevêtrées de ce clos labyrinthe,
Poisseuses, m’enserrent sans issue de secours,
Arcanes du Tartare imbriquées dans l’étreinte,
Par la trame étendue du filet qui m’entoure.

Ce piège insidieux fait de mille quenottes,
Me mord dans un étau qui me prend tout entier,
Je me tords, je me plie, je remue, je gigote,
Empêtré dans ce rets, je ne puis respirer.

Parfois je pousse un cri, mais aucun son ne sort,
Le carcan me contraint, me cloître dans le vide
Profond du désespoir. Je suis vivant et mort,
Mon corps emmailloté dans cette chrysalide.

De l’angoisse étouffée dans la nuit d’épouvante,
Tissée et couturée, étanche à la clarté,
Une lame exiguë blanchâtre et pénétrante,
Gèle mes entrailles, souffrant sa cruauté….

A nouveau, je voudrais sentir sur mes épaules,
La brise du printemps, confidente du rêve,
Voir les lèvres de mer poser des auréoles,
Sur les récifs algueux, imprégnés de leur sève.

Voir encore une fois bleuir les agapanthes,
Sur le vert des prairies dardées par le soleil.
Caresser de mes doigts en formes chatoyantes,
La saveur doucereuse au moment du réveil.

Mais le trémail m’enrobe empesé de silence,
L’obscure contrainte sur mon corps engourdi,
Fige tous mes membres meurtris par la souffrance,
De mes vains soubresauts estompés dans la nuit.

Des larmes de boue brune, amère repentance
De présents trop vite écartés du souvenir,
Rident mes paumettes cardées par l’espérance
Absurde et désolée de se fondre en sourire

Et le glas qui résonne à mes tempes gonflées,
Rythme sur l’enclume solennelle des ans,
L’indicible avenir des amours enchâssées,
Sous la férule inexorable des autans.

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