Poème 'Savane' de Maninred

Savane

Maninred

Devant le frontispice, aux portes du village,
Se tient un impala, en cornes diapason,
Fièrement dressé, paré pour la saison,
Pour préserver son rang et garder son lignage.

Caché au bord du puits, Boumba l’adolescent,
Arc bandé, oeil ouvert, vise tel un cyclope,
L’endroit où est le cœur de l’altière antilope,
Gibier idolâtré des rois et des puissants.

L’animal renseigné par un vent délateur,
D’un brusque soubresaut frustre l’intention
Du vif trait adressé par le jeune garçon,
Qui blesse l’animal au flanc, bien loin du cœur.

Boumba, contrarié par cette maladresse,
Fonce droit vers sa proie, fulgurante torpille,
Sur la bête blessée, qui flèche en banderille,
S’enfuit en hoquetant dans sa grande détresse.

Et c’est un peu plus tard que l’apprenti chasseur,
Parviendra à trouver, grâce aux traces de sang,
La bête exténuée par l’exploit harassant,
D’avoir cru distancer son jeune prédateur.

Lentement, du carquois, saisit une autre flèche,
Puis la tire à nouveau sur l’impala couché,
Qui tressaille aussitôt par ce trait décoché,
Et s’effondre sans vie sur la terre trop sèche.

Boumba, d’avoir porté la mortelle estocade,
S’approche rayonnant du gibier vénéré,
Sans voir, impétueux, que là, dans un fourré,
La lionne affamée l’attend… En embuscade…

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