Poème 'Sur soi-même' de Robert DESNOS dans 'Les Portes battantes'

Sur soi-même

Robert DESNOS
Recueil : "Les Portes battantes"

Fer, anémone, drap.
Fer de lance perce l’anémone qui saigne sur le drap.
Fer teinté du sang des anémones, blancheur des draps.
Un fer au cœur, une anémone à la blessure, un drap pour linceul.
Fer, anémone, drap.
Et ce drap rougi d’un sang d’anémone flotte à la hampe du fer
Et le drap essuie le fer qui trancha l’anémone.
Jette l’anémone flétrie !
Restent le fer et le drap.
Jette le fer rouillé !
Reste le drap.
Reste le drap qui pourrira plus longtemps que le cadavre qu’il enveloppe.
Reste le drap qui ne laissera pas de squelette.
Jette le drap !
Reprends le fer !
Cueille l’anémone !
La chair autour du fer de ton squelette :
Ton corps,
Drapeau rouge replié.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Robert DESNOS

Portait de Robert DESNOS

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie. Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto