Poème 'Sur soi-même' de Robert DESNOS dans 'Les Portes battantes'

Sur soi-même

Robert DESNOS
Recueil : "Les Portes battantes"

Fer, anémone, drap.
Fer de lance perce l’anémone qui saigne sur le drap.
Fer teinté du sang des anémones, blancheur des draps.
Un fer au cœur, une anémone à la blessure, un drap pour linceul.
Fer, anémone, drap.
Et ce drap rougi d’un sang d’anémone flotte à la hampe du fer
Et le drap essuie le fer qui trancha l’anémone.
Jette l’anémone flétrie !
Restent le fer et le drap.
Jette le fer rouillé !
Reste le drap.
Reste le drap qui pourrira plus longtemps que le cadavre qu’il enveloppe.
Reste le drap qui ne laissera pas de squelette.
Jette le drap !
Reprends le fer !
Cueille l’anémone !
La chair autour du fer de ton squelette :
Ton corps,
Drapeau rouge replié.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2018 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS