Poème 'Il était une feuille' de Robert DESNOS dans 'Les Portes battantes'

Il était une feuille

Robert DESNOS
Recueil : "Les Portes battantes"

Il était une feuille avec ses lignes —
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur —
Il était une branche au bout de la feuille —
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur —
Il était un arbre au bout de la branche —
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur —
cœur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l’arbre —
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vigne de cœur —
Au bout de ces racines il était la terre —
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.

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Commentaires

  1. que c'est interaissant

  2. De gueules à la vigne d'or
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    Le vigneron comprend la poésie des feuilles,
    Celle des fleurs aussi, et celle des fruits lourds ;
    Et la chanson des mois, des semaines, des jours
    Et des ans révolus que la mémoire accueille.

    L'arbre du charpentier, nous dit-il, c'est la vigne,
    Arbre qui n'est point là pour nous donner du bois,
    Mais le nectar subtil qu'entre copains l'on boit,
    Avec modération, bien sûr ; en restant dignes.

    Le vigneron comprend les rimes de la terre,
    La fleur dans le jardin, l'insecte sous le ciel,
    Le vin qui, certains jours, peut prendre un goût de miel,
    Et la discrète voix du barde solitaire.

  3. Quartefeuille de novembre
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    La quartefeuille au bois, parmi les branches mortes,
    Elle sait que son sort est lui-même incertain,
    Sans craindre, cependant, la loi, ni le destin ;
    Elle attend sans frémir que la brise l’emporte.

    La quartefeuille au bois possède une âme forte,
    Elle sait méditer dans l’éclat du matin ;
    N’ayant jamais hanté les parages lointains,
    Elle aime un lieu paisible, et qui la réconforte.

    L’âge sans concession et le temps rigoureux
    Pour son modeste coeur n’ont rien de douloureux,
    Dans lequel le tourment jamais ne s’amoncelle.

    La quartefeuille voit le firmament désert,
    Ils sont partis au loin, tous les oiseaux des airs ;
    Mais une fleur d’automne au soleil étincelle.

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