Poème 'L’Alligator' de Robert DESNOS dans 'Chantefables'

L’Alligator

Robert DESNOS
Recueil : "Chantefables"

Sur les bords du Mississipi
Un alligator se tapit.
Il vit passer un négrillon
Et lui dit : « Bonjour, mon garçon. »
Mais le nègre lui dit : « Bonsoir,
La nuit tombe, il va faire noir,
Je suis petit et j’aurais tort
De parler à l’alligator. »
Sur les bords du Mississipi
L’alligator a du dépit,
Car il voulait au réveillon
Manger le tendre négrillon.

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Commentaires

  1. j aime bien

  2. C'est rigolo

  3. c'est raciste

  4. En effet, ce poème peut être vu comme "raciste". Mais l'était-il aux yeux de son auteur ? Et s'il l'est aux yeux du lecteur, ne serait-ce pas que celui-ci est un raciste refoulé, quelque part ?

    Car ce mot négrillon est tout à fait gentil. Faudrait-il dire "garçon de couleur" comme le moque tel poème apocryphe http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/poeme-a-mon-frere-blanc ?

    Si on regarde nombre de poèmes de la négritude (et non "homme-de-coloritude"), il sont "racistes" aussi, mais d'un racisme positif, tout à fait accepté voire glorifié...

    Réflexions...

  5. vu comme ça alors...

  6. C'est un peu tiré par les cheveux

  7. Robert tire un alligator
    Par les cheveux ; il a donc tort,
    Car les alligators sont chauves.
    Aussi l'alligator se sauve

    Il va manger l'aligot tard
    Dans un troquet du Saint-Gothard.
    C'est noté dans le Cahier Mauve,
    Contresigné par l'aigle fauve,

    Et publié dans ce recueil.
    Robert, ne perds pas ton orgueil,
    Nous aimons bien tes Chantefables ;

    Alligator, chauve-souris,
    Sardine, tortue et fourmi,
    Tant d'animaux impérissables !

  8. Sur le bord du Mississipi
    le p'tit négrillon fait pipi
    Il néglige et il a bien tort
    d'y pêcher les alligators

    Car ce cousin du caïman
    (elle te l'a pas dit ta maman ?)
    est plein d'alligo-éléments

  9. Sur les bords du Mississipi
    Un alligator se tapit.
    Il vit passer un visage pâle
    Et lui dit : « Bonjour, trou annal »
    Mais l’incolore lui dit : « Bonsoir,
    La nuit tombe, il va faire noir,
    J’suis blanc, je n’ai pas d’cul
    Vérolé, et laid tout nu »
    Sur les bords du Mississipi
    L’alligator a du répit,
    Il a été bien avisé
    De n’pas bouffer l’décoloré

  10. J'ai vu un spectacle où les enfants l'ont interprété.
    Je ne sais pas comment c'était perçu par Desnos à l'époque mais à la nôtre ce soir-là, ça a jeté un froid.
    Très étonnant qu'un conseiller pédagogique du département organisateur du spectacle n'ait pas tilté là-dessus.
    Je me méfie des prétextes du contexte de l'époque pour justifier des formulations actuellement contestées et pouvant être récupérées par des mouvements discutables et plus que douteux. L'Antiquité avait peut-être ses grands démocrates, combien remettaient en cause l'esclavage?

  11. C'est un poème plein de tendresse et de sagesse, ce serait juste stupide d'y voir un quelconque racisme !

  12. j'ai appris ce poème en classe du cm 1 en 1958 , l'institutrice n'était pas raciste , elle aimait
    simplement les beaux textes !!!!!
    je la remercie encore

  13. mon frère a appris également cette poésie en 1957, on trouvait ça mignon et le "petit négrillon" était très prévoyant et intelligent. Loin de cette époque de parler "racisme" comme on le fait à tout moment et pour n'importe quoi maintenant...

  14. Je l'ai apprise enfant. autant que je m'en souvienne l'instit était tout le contraire d'un raciste (le plus humaniste de tous les enseignants que j'aie connus)
    Est-ce que dire "de couleur" au lieu de "noir" n'est pas le vrai racisme. Ça veut dire que tu considères "noir" comme inférieur ?
    Quand nous avions des "vieux" ils mouraient près des leurs. Nos seniors, troisième age... crèvent seuls dans des maisons de retraite. Je suis "vieille" et tant mieux !
    Ce ne sont pas les mots qu'il faut condamner mais l'intention de celui qui les prononce.

  15. C'était une de mes premières poésies apprises en classe de primaire dans les années 50. Je l'ai tellement aimée que je m'en souviens encore et qu'il m'arrive encore de la réciter. On ne pensait pas racisme à l'époque. L'institutrice savait choisir les beaux textes.

  16. Je peux comprendre qu'aujourd'hui, les mots "négrillon" et " nègre" puissent heurter , même si l'auteur , à l'époque, n'avait aucune intention raciste.

  17. On apprenait encore ce poème dans les écoles primaires dans les années 1970's. Je l'avais appris. C'est ce genre de chose qu'on se souvient encore 40 ans après.

    "Négrillon" était dans mon imaginaire d'enfant une espèce de Jiminy Cricket (le grillon ?). LOL ! Bon la maîtresse nous fit comprendre ce qu'était signifié par "nègre" et "négrillon". Pour moi cela n'avait rien de raciste, puisque le garçonnet était même futé, et avait le beau rôle face au carnassier reptilien. Je n'arrive toujours pas à trouver les mots "nègre", "noir" ou "black" péjoratifs puisque je ne suis pas raciste, et que j'aime les mots "métissage", "négritude" puisque je trouve que Black is beautiful, le Noir est beau. Cela dit nous sommes tous, nous les humains : marron. Du beige le plus clair, teinté de rose ou d'ocre jaune, au brun voire ébène. Blanc, Rouge, Jaune et Noir ne sont qu'étiquettes.

    Toutefois, "nègres" renvoie aussi, et j'en suis autant conscient que peiné, à une tragique époque de l'histoire (raciste) de l'humanité, où des minables prétextaient de la couleur de peau pour justifier de l'horreur de leur commerce d'humains !!! Notons que si les metteurs en oeuvre de cette ignominie furent "blancs", les razzias en Afrique étaient commises par des Africains armés, à la peau aussi brune que leurs victimes ! L'esclavage est aussi bien antérieure au commerce "négrier". Je dis cela pour rappeler que de continuer à stigmatiser des couleurs de peaux, pâles ou sombres, c'est raciste. Discriminer des couleurs d'yeux, de cheveux, c'est ridicule ! Eh bien il en est de même de le faire avec la couleur de peau ! Pourquoi dénigrer Mickael Jackson qui voulait être "Blanc" ? Pourquoi féliciter des "Blancs" pour leur bronzage ?

    Je suis un "Blanc" mat de peau, au teint plus foncé que mon frère (typé norvégien, côté de notre mère), moi qui ressemble à notre père français. Mes fils, métissés, sont plus foncés que moi et j'adore leur teint. Et à mes yeux ils ne sont pas "blancs" ou "noirs", ils sont de magnifiques humains tout court ! Alors ce poème résonne pour moi un peu comme :

    "Sur les bords du Mississipi
    Un alligator se tapit.
    Il vit passer un blondinet
    Et lui dit : « Bonjour, garçonnet. »..."

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Robert DESNOS

Portait de Robert DESNOS

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie. Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et... [Lire la suite]

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