Poème 'Virus' de Claudel

Virus

Claudel

Le silence des loups était rare et soudain,
Les feuilles tremblaient et effrayaient les mulots.
In infernis arderet corona deum ! *
Les soupirs d’une laie pleurant son marcassin,
Dans son cœur de mère, on entendait ses sanglots.

Aux œufs décolorés pourrissant dans le sable,
Les pleurs des tortues se lamentaient à genoux.
In infernis arderet corona deum !
À nous voir respirer le virus du diable,
Les rires des truites se moquaient bien de nous.

Les larmes des femmes coulaient sur leur poitrine,
Le visage vide et blanc tombant en lambeaux.
In infernis arderet corona deum !
Gravons sur leurs pierres et à l’encre de Chine :
« Nouveau-nés aux berceaux, aussitôt aux tombeaux ».

* La couronne de Dieu brûle en enfer !

Tous droits réservés © Claude Lachapelle / mai 2020

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