Poème 'Cependant que la Cour mes ouvrages lisait' de Joachim DU BELLAY dans 'Les Regrets'

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Cependant que la Cour mes ouvrages lisait

Joachim DU BELLAY
Recueil : "Les Regrets"

Cependant que la Cour mes ouvrages lisait,
Et que la soeur du roi, l’unique Marguerite,
Me faisant plus d’honneur que n’était mon mérite,
De son bel oeil divin mes vers favorisait,

Une fureur d’esprit au ciel me conduisait
D’une aile qui la mort et les siècles évite,
Et le docte troupeau qui sur Parnasse habite,
De son feu plus divin mon ardeur attisait.

Ores je suis muet, comme on voit la Prophète,
Ne sentant plus le dieu qui la tenait sujette,
Perdre soudainement la fureur et la voix.

Et qui ne prend plaisir qu’un prince lui commande ?
L’honneur nourrit les arts, et la Muse demande
Le théâtre du peuple et la faveur des rois.

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Commentaires

  1. Tout le monde nageait. Tu lisais sur la plage.
    Aucun nuage noir ne traversait les cieux.
    Un mot de Du Bellay te fit lever les yeux
    Et doucement sourire en me montrant la page.
    *
    Ce regard, ce sourire, au seuil de mon grand âge;
    Ce n'est pas triste, en soi, de devenir trop vieux,
    Ni de se souvenir d'autres temps, d'autres lieux,
    Car les prés, en hiver, ne regrettent l'herbage.
    *
    Poètes du passé, ma plume est malhabile
    Pour suivre les sentiers qui vous furent faciles,
    Mon arc ne lance pas de vos fabuleux traits.
    *
    J'aime qu' un jeune coeur à vous lire s'amuse,
    Et je veux emprunter son sourire à ta muse,
    Du Bellay, même quand tu écris de Regrets.

  2. Bel hommage!

  3. Bastide du zérogame
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    Au fond de sa cellule un ermite lisait
    Les lettres de la Nonne à sa soeur Marguerite ;
    Elle y nommait l’évêque à l’immense mérite,
    Ayant bien retenu tout ce qu’il lui disait.

    Cette sainte lecture au ciel le conduisait,
    Son esprit n’étant plus abusé par des mythes ;
    Ensuite il traversait l’espace sans limites,
    En un heureux néant son coeur se réduisait.

    En le voyant ainsi, Lilith fut stupéfaite,
    Elle le crut l’égal des dieux et des prophètes
    Et demanda son nom, d’une petite voix.

    Prends garde à cette voix, je te le recommande,
    Adam aux temps lointains en eut la réprimande ;
    Puis encore après lui, des princes et des rois.

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    https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/01/12/la-brune-nonne/
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  4. La brune nonne
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    Ceux-là qui vont au bois, sont évêque et novice,
    L’évêque va chantant et la nonne soupire.
    — Qu’as-tu à soupirer, ma brune carmélite ?
    — J’ai le coeur bien épris de ma soeur Marguerite ;

    Je suis nonne le jour, et la nuit pauvre amante,
    Je regrette le temps des larmes innocentes ;
    Des deux sortes d’amour, lequel est donc le pire,
    Le fils du charpentier ne veut point me le dire.

    L’évêque a murmuré : –Allons boire en taverne,
    Car ce débat mérite un godet de Sauternes.
    Trois fois ils ont vidé la carafe de verre,
    À la troisième fois, tous deux sont en prière.

    Je n’étais avec eux, n’attendez que je dise
    La sage décision qu’un bon évêque a prise ;
    Dupanloup fut son nom, un grand homme d’Église,
    Fautes furent par lui assez souvent remises.

    Ceux-là qui vont au bois, sont évêque et novice,
    La nonne va chantant et l’évêque soupire.

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    https://paysdepoesie.wordpress.com/?s=Dupanloup
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Joachim DU BELLAY

Portait de Joachim DU BELLAY

Joachim du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou, et mort le 1er janvier 1560 à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l’origine de la formation de la « Pléiade », groupe de poètes auquel Du Bellay donna son manifeste, « la Défense et illustration de la langue... [Lire la suite]

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