Poème 'Chevauchée' de Renée VIVIEN dans 'La Vénus des aveugles'

Chevauchée

Renée VIVIEN
Recueil : "La Vénus des aveugles"

Les Ondines, ceignant les roseaux bleus du fleuve,
Ont des chansons de vierge et des sanglots de veuve.
Leurs gemmes sont les pleurs lumineux du passé.
Le Griffon s’alanguit en un songe lassé ;
Sur ses paupières a pesé la somnolence,

Et ses ongles d’onyx ont rayé le silence.
Ouvre tes ailes, prends l’essor, ivre du vin
Des automnes et des couchants, Monstre divin,
Sombre lion ailé, plus beau que la Chimère !
Chastement dédaigneux de la grâce éphémère,
Tu flattes ta hideur orgueilleuse, qui dort
D’un noir sommeil parmi les neiges de la Mort.

Tes regards jaunes ont défié la lumière,
Et sur ton col, où ne fume point de crinière,
Une glauque nageoire ondule vers les flots.
Fuyant la lâcheté des antiques sanglots,
Je tresserai les fleurs vertes du sycomore…
Emporte-moi jusqu’aux limites de l’aurore !

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Renée VIVIEN

Portait de Renée VIVIEN

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. Renée Vivien était la fille d’une mère américaine et d’un père britannique fortuné qui mourut en 1886,... [Lire la suite]

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