Poème 'Cléopâtre' de Théodore de BANVILLE dans 'Les princesses'

Cléopâtre

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Les princesses"

Cléopâtre embaumait l’Egypte ; toute nue,
Elle brûlait les yeux, ainsi que le soleil ;
Les roses enviaient l’ongle de son orteil…

Victor Hugo, Zim-Zizimi.

Dans la nuit brûlante où la plainte continue
Du fleuve pleure, avec son grand peuple éternel
De Dieux, le palais, rêve effroyable et réel,
Se dresse, et les sphinx noirs songent dans l’avenue.

La blanche lune, au haut de son vol parvenue,
Baignant les escaliers élancés en plein ciel,
Baise un lit rose où, dans l’éclat surnaturel
De sa divinité, dort Cléopâtre nue.

Et tandis qu’elle dort, délices et bourreau
Du monde, un dieu de jaspe à tête de taureau
Se penche, et voit son sein où la clarté se pose.

Sur ce sein, tous les feux dans son sang recélés
Etincellent, montrant leur braise ardente et rose,
Et l’idole de jaspe en a les yeux brûlés.

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Commentaires

  1. Taureau de sable
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    Du grand taureau volant l'errance continue
    Le conduit au-dessus des déserts éternels ;
    Il survole ce monde, effroyable et réel,
    Puis entre dans la ville, au long d'une avenue.

    Une foule joyeuse, aux faubourgs parvenue,
    Applaudit ce héros qui traverse le ciel ;
    Il salue à son tour, héros surnaturel,
    Admirant la vestale et ses épaules nues.

    C'est un noble animal, ce n'est pas un blaireau,
    C'est un oiseau magique à tête de taureau :
    Béni soit à jamais le sol où il se pose.

    -- Taureau, de ton pays par le soleil brûlé,
    Dis-nous pourquoi, ce jour, ton corps s'est envolé ?
    -- J'avais la nostalgie des lilas et des roses.

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