Poème 'Complainte sur certains temps déplacés' de Jules LAFORGUE dans 'Les Complaintes'

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Complainte sur certains temps déplacés

Jules LAFORGUE
Recueil : "Les Complaintes"

Le couchant de sang est taché
Comme un tablier de boucher ;
Oh ! Qui veut aussi m’écorcher !

-Maintenant c’est comme une rade !
Ca vous fait le cœur tout nomade,
A cingler vers mille Lusiades !

Passez, ô nuptials appels,
Vers les comptoirs, les Archipels
Où l’on mastique le bétel !

Je n’aurai jamais d’aventures ;
Qu’il est petit, dans la nature,
Le chemin d’fer Paris-Ceinture !

V’la l’fontainier ! Il siffle l’air
(Connu) du bon roi Dagobert ;
Oh ! Ces matins d’avril en mer !

-Le vent galope ventre à terre,
En vain voudrait-on le fair’taire !
Ah ! Nom de dieu ! Quelle misère !

-Le Soleil est mirobolant
Comme un poitrail de chambellan,
J’en demeure les bras ballants ;

Mais jugez si ça m’importune,
Je rêvais en plein de lagunes
De Venise au clair de la lune !

-Vrai ! La vie est pour les badauds.
Quand on a du dieu sous la peau,
On cuve ça sans dire mot.

L’obélisque quadrangulaire,
De mon spleen monte ; j’y digère,
En stylite, ce gros mystère.

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