Poème 'Enchères' de Germain NOUVEAU

Enchères

Germain NOUVEAU

Au marché de Saint-Paul j’irai,
Ma petite et je te vendrai.
Je vendrai tes yeux effrontés
Cent beaux écus fort bien comptés.

Et je vendrai tes doigts rusés,
Ces oiseaux mal apprivoisés,
Et ta lèvre qui toujours ment
Quatre-vingts doublons seulement.

Je vendrai tes bras fins et longs
Et les roses de tes talons,
De tes genoux et de tes seins
Vingt mille francs napolitains.

Je vendrai le jour de Saint-Paul.
Et la raie autour de ton col
Et les jolis plis de ta chair
Un million, ce n’est pas cher.

Et ton chignon tordu, pareil
A l’or flambant dans le soleil,
Et tes baisers je les vendrai
Aux enchères que je tiendrai.

Aux enchérisseurs les plus forts
Je vendrai ton âme et ton corps,
Et ton coeur, s’il est recherché,
Sera par-dessus le marché.

Duc de la Mésopotamie

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Germain NOUVEAU

Portait de Germain NOUVEAU

Germain Marie Bernard Nouveau, né le 31 juillet 1851 à Pourrières (Var) où il est mort le 4 avril 1920, est un poète français. Il est l’aîné des 4 enfants de Félicien Nouveau (1826-1884) et de Marie Silvy (1832-1858). Germain Nouveau perd sa mère alors qu’il n’a que sept ans. Il est élevé par son... [Lire la suite]

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