Poème 'Set Ohaëdat' de Germain NOUVEAU dans 'Sonnets du Liban'

Set Ohaëdat

Germain NOUVEAU
Recueil : "Sonnets du Liban"

Je vous fus présenté Madame, dans la salle
De marbre frais et sombre où vous passiez les jours
Au bruit de ces jets d’eau monotones des cours
Damasquinés ; l’or blanc cerclait votre bras pâle.

Assise à terre, à la manière orientale,
Vous écoutiez ceux qui distillent les discours
Des les narghilés d’argent aux tons d’opale
Que la Paresse fume à coups distraits et courts.

Des fleurs couraient parmi vos étoffes de soie ;
Vos yeux éclairaient l’ombre où votre front se noie ;
Votre pied nu brillait ; votre accent étranger

Eclatait dans ma tête en notes délicates ;
Je vois toujours vos dents blanches, fines et plates
Quand votre lèvre, mouche en rumeur, fit : « Franger ? »

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Commentaires

  1. Faucon de sinople
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    Le noble faucon vert est gardien de la salle
    Où siège le Conseil, la nuit comme le jour ;
    Toutefois, ce n’est pas un animal de cour,
    Nul ne peut le confondre avec un mignon pâle.

    Il aime les seigneurs de sa terre natale,
    Même s’il capte peu le sens de leurs discours ;
    Et son noble plumage, armure aux tons d’opale,
    Orne leur assemblée d’un reflet de velours.

    Si l’on bande ses yeux d’une étoffe de soie,
    Il dit que c’est un jeu qu’il accepte avec joie,
    Celui qui lui fait ça n’est pas un étranger.

    Ce prédateur n’a pas que des moeurs délicates :
    Je le vois fréquemment, quand une crise éclate,
    Servir les courtisans, les garder du danger.

  2. Écrevisse de Bruges
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    L’écrevisse toujours se tient loin du danger,
    Vivant de peu de chose en ce ruisseau qu’elle aime ;
    Son esprit est subtil au point le plus extrême,
    Souvent plein de douceur et jamais enragé.

    Un bel ange gardien de son âme est chargé ;
    La préservant du froid quand survient l’aube blême,
    L’instruisant fréquemment sur de multiples thèmes
    Et lui donnant aussi à boire et à manger.

    L’écrevisse en automne a des manières douces,
    Tous ses déplacements sont vifs et sans secousses,
    Le cormoran l’admire et le brochet aussi.

    Elle rêve, dit-on, depuis belle lurette,
    D’arborer un blason dessiné par Pierrette ;
    Bien d’autres animaux ont ce même souci.

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Germain NOUVEAU

Portait de Germain NOUVEAU

Germain Marie Bernard Nouveau, né le 31 juillet 1851 à Pourrières (Var) où il est mort le 4 avril 1920, est un poète français. Il est l’aîné des 4 enfants de Félicien Nouveau (1826-1884) et de Marie Silvy (1832-1858). Germain Nouveau perd sa mère alors qu’il n’a que sept ans. Il est élevé par son... [Lire la suite]

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