Poème 'Hypertrophie' de Jules LAFORGUE dans 'Premiers poèmes'

Un Jour
Un Poème

Hypertrophie

Jules LAFORGUE
Recueil : "Premiers poèmes"

Astres lointains des soirs, musiques infinies,
Ce Cœur universel ruisselant de douceur
Est le cœur de la Terre et de ses insomnies.
En un pantoum sans fin, magique et guérisseur
Bercez la Terre, votre sœur,

Le doux sang de l’Hostie a filtré dans mes moelles,
J’asperge les couchants de tragiques rougeurs,
Je palpite d’exil dans le cœur des étoiles,
Mon spleen fouette les grands nuages voyageurs.
Je beugle dans les vents rageurs.

Aimez-moi. Bercez-moi. Le cœur de l’œuvre immense
Vers qui l’océan noir pleurait, c’est moi qui l’ai.
Je suis le cœur de tout, et je saigne en démence
Et déborde d’amour par l’azur constellé,
Enfin! que tout soit consolé,

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Jules LAFORGUE

Portait de Jules LAFORGUE

Jules Laforgue, né à Montevideo le 16 août 1860 et mort à Paris le 20 août 1887, est un poète du mouvement décadent français. Né dans une famille qui avait émigré en espérant faire fortune, il est le deuxième de onze enfants. À l’âge de dix ans, il est envoyé en France, dans la ville de Tarbes d’où est originaire... [Lire la suite]

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