Poème 'Je plante en ta faveur cet arbre de Cybèle' de Pierre de RONSARD dans 'Sonnets pour Hélène'

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Je plante en ta faveur cet arbre de Cybèle

Pierre de RONSARD
Recueil : "Sonnets pour Hélène"

Je plante en ta faveur cet arbre de Cybèle,
Ce pin, où tes honneurs se liront tous les jours :
J’ai gravé sur le tronc nos noms et nos amours,
Qui croîtront à l’envi de l’écorce nouvelle.

Faunes qui habitez ma terre paternelle,
Qui menez sur le Loir vos danses et vos tours,
Favorisez la plante et lui donnez secours,
Que l’Été ne la brûle, et l’Hiver ne la gèle.

Pasteur, qui conduiras en ce lieu ton troupeau,
Flageolant une Eglogue en ton tuyau d’aveine,
Attache tous les ans à cet arbre un tableau,

Qui témoigne aux passants mes amours et ma peine ;
Puis l’arrosant de lait et du sang d’un agneau,
Dis :  » Ce pin est sacré, c’est la plante d’Hélène. « 

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Commentaires

  1. Arbre d’inframonde
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    C’est l’arbre d’inframonde, et sa ramure est belle,
    Mais il ne voit jamais la lumière du jour ;
    C’est un arbre sans fruit, sans fleur et sans amour
    Qui de notre univers n’a jamais de nouvelles.

    Un froid seigneur lui dit, de sa voix paternelle,
    Que l’inframonde aura de la gloire, à son tour,
    Que le serpent d’antan lui portera secours
    Et le dieu du trou noir que le cosmos congèle.

    Le seigneur a promis des fleurs et des troupeaux,
    Un roi plein de douceur, une mignonne reine,
    Il rehausse à plaisir les couleurs du tableau.

    Or, ce n’est que mensonge, et l’arbre est dans la peine :
    Pour lui ne coulera le sang d’aucun agneau,
    Nulle vierge, non plus, ne sera sa marraine.

  2. Arbres de Grande Garabagne
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    La Grande Garabagne a des forêts fort belles,
    Capables d’occulter la lumière du jour ;
    Au coeur de la forêt sont les arbres d’amour
    Qui au regard du monde offrent des fleurs nouvelles.

    De telles floraisons ne sont pas éternelles
    Et je peux voir les fleurs se faner tour à tour ;
    Prier pour leur survie, ce n’est d’aucun secours,
    Pour nous autres non plus, quand la mort nous appelle.

    Les gens de Garabagne élèvent des troupeaux,
    C’est pour alimenter les festins de la reine ;
    Et ces gens couperont les arbres les plus beaux

    Pour nourrir les fourneaux, ce n’est pas chose vaine :
    Dans le bois pleureront le faune aux durs sabots
    Et la dryade aussi, qui de l’arbre est marraine.

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