Poème 'La « Henriette ». Yacht français en rade de Montréal' de Louis-Honoré FRÉCHETTE dans 'Les Oiseaux de neige'

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La « Henriette ». Yacht français en rade de Montréal

Louis-Honoré FRÉCHETTE
Recueil : "Les Oiseaux de neige"

Charmant petit vaisseau ― naïade ou sirène ―
Si gracieux à voir sur ton ancre affermi,
Orgueil de notre port dont le flot endormi
Reflète en son miroir ta beauté souveraine !

Que ta voile où jamais l’ouragan n’a frémi
Ne s’ouvre qu’à l’effort d’une brise sereine ;
Et que nos vagues n’aient pour ta svelte carène,
Charmant petit vaisseau, que des baisers d’ami !

Va, cours, élance-toi de rivage en rivages ;
Dans nos havres bruyants, sur nos ondes sauvages,
Sur nos grands lacs lointains ou nos fleuves déserts,

Va promener joyeux ta course vagabonde,
Et puisses-tu longtemps dérouler dans les airs
Les couleurs de la France au vent du nouveau monde !

(1879)

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Commentaires

  1. Heureux qui, comme Ulysse, entend, de la sirène,
    La voix ensorceleuse et les mots de velours :
    Dans ses nuits et ses jours, elle sera sa reine,
    Le joug de Pénélope en deviendra moins lourd.

    Une fois de retour à sa patrie sereine,
    La mémoire du roi évoque tour à tour
    La course du navire à la forte carène
    Et les femmes ailées lançant leur chant d'amour.

    Pour tiède que lui soit la douceur du foyer,
    Il est quand même heureux de n'être pas noyé
    Dans l'eau glacée, au pied d'une falaise sombre.

    Pour navrante que soit la routine des soirs,
    Des rêves colorés dansent sur ce fond noir ;
    Ulysse est pour toujours amoureux de cette ombre.

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