Poème 'La meunière' de Maurice ROLLINAT dans 'Paysages et paysans'

La meunière

Maurice ROLLINAT
Recueil : "Paysages et paysans"

La meunière, une forte et rougeaude jeunesse,
Chantait dans sa charrette en piquant son bardeau ;
Tout à coup, l’animal quittant son pas lourdaud,
Partit brusque ! il venait de sentir une ânesse.

Celle-ci, l’ayant vu du fond du brouillard pâle,
D’un long cri de désir hélait le bourriquot
Lequel hâtait sa course en ébranlant l’écho
D’un grand hi-han tout plein de sa vigueur de mâle.

Jointe, ce fut l’éclair ! Entre ses pieds roidis
Il lui serra les flancs et l’eut toute ! Et, tandis
Qu’allaient se consommant ces amours bucoliques,

Renversée en arrière, avec un oeil fripon,
La meunière, à deux mains rabattant son jupon,
Riait, jambes en l’air sur les limons obliques.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Cet érudit, dans sa jeunesse,
    Pouvait porter de grands fardeaux.
    Mais il était un peu lourdaud,
    Il a bien gagné en finesse.
    *
    Son âme, maintenant plus pâle,
    Prend des traits un peu monacaux,
    Sa parole crée moins d'écho,
    Mais ce n'est pas pour ça qu'il râle.
    *
    Car son esprit n'est pas roidi,
    Son talent n'est pas refroidi,
    Son chant est toujours bucolique.
    *
    Il ne va plus, tel un fripon,
    Soulevant les chastes jupons,
    Mais il jette un regard oblique.

Rédiger un commentaire

Maurice ROLLINAT

Portait de Maurice ROLLINAT

Maurice Rollinat, né à Châteauroux (Indre) le 29 décembre 1846 et mort à Ivry-sur-Seine le 26 octobre 1903, est un poète français. Son père, François Rollinat, était député de l’Indre à l’Assemblée constituante en 1848 et fut un grand ami de George Sand. Issu d’un milieu cultivé, Rollinat se met très... [Lire la suite]

© 2024 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS