Poème 'Le langage des fleurs' de guillaumePrevel

Le langage des fleurs

guillaumePrevel

Ô ma douce et tendre Véronique!
Tu peux me croire je ne connais pas de Violette,
Et ma seule erreur a été de t’enivrer d’Anis,
Perdu que j’étais dans la souffrance des clématites,

Ô tu sais que je ne suis pas fait pour les hortensias!
Je leur préfère l’étreinte des géraniums,
Et la caresse voluptueuse des primevères,
A la piqûre cruelle et acide de la colchique.

Je sais, je n’ai plus assez pour toi de roses,
Et il me faut planter à présent un champ de gardénias,
Ou recouvrir cette terre délaissée de lavande,
Pour éviter que ne poussent le chiendent et les renoncules,

En ce lieu où se dresse à jamais notre tendre et cher chrysanthème,
Car dans les souvenirs, il ne peut y avoir de place pour la gentiane,
Et encore moins pour la jonquille et le souci.

10 juin 2014

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