Poème 'Le parfum' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Fleurs du Mal'

Le parfum

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Fleurs du Mal"

Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d’encens qui remplit une église,
Ou d’un sachet le musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l’amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l’alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.

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Commentaires

  1. Apothicaire alchimiste
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    L’alchimiste a lentement préparé,
    En montrant même un peu de gourmandise,
    Une potion qui sent la vieille église,
    Ou d’un sous-bois le parfum éthéré.

    C’est la potion dont lui-même se grise
    Et dont il peut aussi se restaurer ;
    Elle est formée d’insectes mordorés,
    De chocolat, de lait, de fleurs exquises.

    Poudre écrasée au creux d’un mortier lourd,
    Jus fermenté au secret d’une alcôve,
    Une senteur de fruit, sauvage et fauve,

    Sur l’estomac, ce philtre est un velours,
    Tout imprégné d’une sagesse pure,
    Mais son effet pas bien longtemps ne dure.

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