Poème 'Le téléphone' de marisolle

Le téléphone

marisolle

Le téléphone

se pratique à deux

à chaque bout d’un fil

imaginaire.

Mais lorsque l’absence

ou la volonté de refuser

de parler

vous oblige à vous adresser

à un répondeur

inhumain qui vous dit

à la fin

appuyez sur dièse,

vous vous dites vraiment

que votre histoire

est bien mal barrée.

Il est des téméraires

qui, au son du répondeur,

parlent tout de même

et délivrent leur coeur.

Il est vrai, que, croyant

l’autre réceptif

un peu plus tard,

on peut essayer,

bien sûr,

d’y mettre de la chaleur,

du sentiment,

parfois de la colère,

mais la frustration

ne s’en va pas ainsi.

L’a-t-il bien eu ?

ce message si précieux,

l’a-t-il bien entendue,

ma voix aux accents

si chaleureux.

Alors, vous vous dites

il va rappeler

mais la journée passe

la nuit de même

et toujours pas d’appel.

Alors, vous arrachez

ce maudit téléphone

de son support

et lorsque votre impatience

vous permet tout de même

d’entendre la voix aimée

(ou détestée)

vous commencez à crier,

à vous défouler

car depuis le temps

que vous attendez

une réponse, un mot,

une phrase, explicite,

au mieux,

amicale, cela va sans dire,

mais dédaigneuse,

alors là, vos plombs

sautent comme si

cent mille volts

vous avait soudain

électrifié !

Alors l’ouragan se déchaîne,

mille tonnerres grondent

et vous n’entendez plus la voix mécanique

du répondeur qui vous dit :

votre appel est terminé !

Ah, que de rage

de frustration

de fureur

un pauvre téléphone

-qui n’en peut mais-

provoque

dans notre

coeur.

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