Poème 'Le vampire' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Fleurs du Mal'

Le vampire

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Fleurs du Mal"

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
- Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
- Maudite, maudite sois-tu !

J’ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas ! le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit :
 » Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
A ton esclavage maudit,

Imbécile ! – de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire ! « 

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Commentaires

  1. Ce sont les nièces des vampires
    Qui voulaient étudier Shakespeare
    A la lumière d'un lampyre
    Dans un coin perdu de l'empire.
    *
    Au bout d'une heure, elles soupirent :
    Comme étude on ne fait point pire ;
    Aux exploits sportifs on aspire,
    Aux gestes qui font qu'on respire.
    *
    Ces nièces que le sport inspire
    Vont sur le terrain, et transpirent,
    Puis contre l'arbitre conspirent ;
    *
    Nièces qui lecture rompirent
    Puis aux vestiaires se tapirent ;
    Enfin, qui sait pourquoi, glapirent.

  2. Spectre maudit
    --------

    Ici plane un fantôme aux ailes de vampire,
    Sa vie ne fut que ruses et viles trahisons ;
    Il hante maintenant une vieille maison,
    Ce n’est pas reluisant, ça pourrait être pire.

    Ses frères sont partis vers l’Infernal Empire,
    Préférant être là que dans une prison ;
    Ils souffrirent d’un mal sans nulle guérison,
    Dont le jeune et le vieux l’un comme l’autre expirent

    Notre héros revoit ceux qu’il a tourmentés,
    Tous ceux du sang desquels il s’est alimenté ;
    Sous l’effet de la mort s’apaisent leurs blessures.

    Par ceux-là son visage est reconnu parfois,
    Même s’il est souillé de quelques salissures,
    Ils lui parlent alors ; lui-même reste coi.

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