Poème 'Les mafieux' de marisolle

Les mafieux

marisolle

Ils se cachent sous une apparence de bon aloi !
Bon chic, bon genre.
En apparence, en apparence.
Tout sourire,
on leur donnerait le bon Dieu
sans confession.
Et puis un jour,
jour maudit pour eux,
jour béni pour nous !
Un chevalier blanc,
avec des valeurs de l’ancien temps,
fouille, tisonne, retourne, explore
et déterre enfin la chose nauséabonde !
Il l’expose en place publique,
la dissèque, la passe au microscope
aux rayons X,
aux infrarouges,
pas de doute,
cela pue à cent lieues !
Alors, nous voyons surgir
le démenti !
Mais non, cela ne pue pas,
tout est légal, pas d’arnaque !
Mais le chevalier blanc s’entête
et fouille encore et encore
et plonge au coeur de l’affaire,
des affaires,
et plus il va, plus cela pue.
A tel point, que le démenti
se fait tout petit et disparaît
et l’aveu apparaît.
Un aveu bien bégayant
bien hésitant.
Des oui mais, des non peut-être,
des mais je, des c’est pas possible
etc….etc…
et soudain, le chevalier blanc
s’aperçoit qu’ils sont plusieurs,
qu’ils sont pléthore,
envahissants.
Alors, il compare, coupe, recoupe,
fouille encore et démonte la mécanique.
L’aveu devient plusieurs,
avec des oui mais, des non si.
Et les voilà tout nus,
sans fard.
Mais alors arrive l’entourloupe,
le tour de passe-passe,
qui avec l’aide des avocats,
des procureurs de la République
ou de quelque juge d’instruction,
va transformer ces affaires
en broutilles, en menue monnaie.
Mais non, voyons,
vous avez mal vu, mal entendu !
Et vient alors le silence assourdissant.
Nous sommes gros-jean comme devant.
Mais le chevalier blanc s’entête,
On va voir ce qu’on va voir.
Alors, il continue
fouille, découpe, recoupe
et finit par trouver la faille,
une autre, plusieurs autres.
Et nous nous apercevons
que l’on nous ment tout le temps,
que la puanteur est juste masquée,
qu’elle est dans leur coeur,
que nous ne pouvons que crier,
tempêter, hurler,
car ils sont l’hydre qui un membre coupé,
se régénère en cent, en mille.
Et il faudrait cent mille chevaliers blancs
pour éradiquer la pourriture qui nous empuante.

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