Poème 'L’imposture' de CathyVole

L’imposture

CathyVole

J’ai osé être fragile
Après tant d’années passées
A jouer docilement la dure
Sous mon architecture gracile

Comme beaucoup d’autres filles
De mon époque hostile
Aux différences de sexe
J’ai assumé comme on assure

Autonome jusqu’à l’usure
Et perfectionniste de nature
J’ai investi toute ma jeunesse
Comme on place son or en caisse

Mais arrivée à l’âge mûr,
L’âge où déçus de ce qui brille
On sent sous sa peau les blessures
Que l’on a maudit comme la peste

J’ai accepté moins par paresse
Que par besoin d’aventure
Moins par bassesse que par droiture
De n’être plus qu’une brindille

Au bal du concours de la vie
La plus heureuse, la plus fournie
J’ai voulu tenter l’ivresse
De retrouver la ligne pure

Sans travail, ni devanture
J’ai osé l’imposture
Dans un monde qui part en vrille
Et ne se nourrit que de stress

Vêtue du châle d’une démunie
Je me suis épaulée à celui
Qui lorsque le vide m’agresse
Me supporte et me rassure

Et voilà tout ce qui me reste
Dans ma nouvelle vie de bure
Où j’ai osé être fragile
Malgré les peurs, malgré la bile :

Lui, mes proches, la poésie,
La nature et l’intime allégresse
D’avoir osé, ne fût ce qu’un temps
La simple caresse de la vie

Mars 2018

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