Poème 'Lutteurs forains' de François COPPÉE dans 'Le Cahier rouge'

Lutteurs forains

François COPPÉE
Recueil : "Le Cahier rouge"

À Hyacinthe Guadet-Azaïs.

Devant la loterie éclatante, où les lots
Sont un sucre de pomme ou quelque étrange vase,
L’illustre Arpin, devant un public en extase,
Manipule des poids de cinquante kilos.

Colossal, aux lueurs sanglantes des falots,
Il beugle un boniment et montre avec emphase
Sa nièce, forte fille aux courts jupons de gaze,
Qui doit à bras tendus soulever deux tringlots.

A qui pourra tomber, à la lutte à main plate,
Son frère, au caleçon d’argent et d’écarlate,
Qui sur un bout de pain achève un cervelas,

Il promet cinq cents francs, chimérique utopie !
– O les athlètes nus sous l’azur clair d’Hellas !
O palme néméenne ! ô laurier d’Olympie !

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Un jour deux judokas ont décidé de prendre
    Des leçons d'aïkido, dans le but d'enrichir
    Leur science du combat, et puis de l'assouplir,
    Et les voici un soir, fort empressés d'apprendre...

    Ils étaient en avance, il leur fallait attendre.
    Ils se vautrent au sol, et, pour se divertir,
    Luttent, roulant, poussant et jouant sans faiblir,
    Car dans leur tradition on n'est pas toujours tendre.

    Ils prennent du plaisir au familier combat ;
    Mais le prof d'aïkido, dans son fier hakama
    Trouve qu'en son dojo c'est une salissure.

    Il pose la question, sur un ton dépité :
    « Messieurs, où avez-vous mis votre dignité ? »

    « Maître, dans le vestiaire, ainsi que nos chaussures. »

Rédiger un commentaire

© 2018 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS