Poème 'La Famille du menuisier' de François COPPÉE dans 'Les Humbles'

La Famille du menuisier

François COPPÉE
Recueil : "Les Humbles"

Le marchand de cercueils vient de trousser ses manches
Et rabote en sifflant, les pieds dans les copeaux.
L’année est bonne ; il n’a pas le moindre repos
Et même il ne boit plus son gain tous les dimanches.

Tout en jouant parmi les longues bières blanches,
Ses enfants, deux blondins tout roses et dispos,
Quand passe un corbillard, lui tirent leurs chapeaux
Et bénissent la mort qui fait vendre des planches.

La mère, supputant de combien s’accroîtra
Son épargne, s’il vient un nouveau choléra,
Tricote, en souriant, au seuil de la boutique ;

Et ce groupe joyeux, dans l’or d’un soir d’été,
Offre un tableau de paix naïve et domestique,
De bien-être honorable et de bonne santé.

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Commentaires

  1. Pauvre chevalier des alpages
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    Son manteau pour l’hiver a de trop courtes manches ;
    Il nourrit son cheval avec de fins copeaux.
    Le pauvre chevalier n’a jamais de repos,
    Elle n’est pas pour lui, la trêve du dimanche.

    Il ne peut en été boire une bière blanche,
    Après une bataille, il n’est jamais dispos ;
    Que n’est-il un évêque à l’imposant chapeau,
    Ou même, un éleveur dans son chalet de planches !

    Un noir démon lui dit que son mal s’accroîtra
    Quand il aura perdu la force de ses bras ;
    Que n’est-il un bourgeois au fond de sa boutique !

    Mais il est chevalier, l’hiver comme l’été,
    Sans aucun serviteur, valet ni domestique,
    Il conclut cependant : «Tant qu’on a la santé» !

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