Poème 'Marsyas' de José-Maria de HEREDIA dans 'Les Trophées'

Marsyas

José-Maria de HEREDIA
Recueil : "Les Trophées"

Les pins du bois natal que charmait ton haleine
N’ont pas brûlé ta chair, ô malheureux ! Tes os
Sont dissous, et ton sang s’écoule avec les eaux
Que les monts de Phrygie épanchent vers la plaine.

Le jaloux Citharède, orgueil du ciel hellène,
De son plectre de fer a brisé tes roseaux
Qui, domptant les lions, enseignaient les oiseaux ;
Il ne reste plus rien du chanteur de Célène.

Rien qu’un lambeau sanglant qui flotte au tronc de l’if
Auquel on l’a lié pour l’écorcher tout vif.
Ô Dieu cruel ! Ô cris ! Voix lamentable et tendre !

Non, vous n’entendrez plus, sous un doigt trop savant,
La flûte soupirer aux rives du Méandre…
Car la peau du Satyre est le jouet du vent.

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José-Maria de HEREDIA

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José-Maria de Heredia (né José María de Heredia Girard 1842-1905) est un homme de lettres d’origine cubaine, naturalisé français en 1893. En tant que poète, c’est un des maîtres du mouvement parnassien, véritable joaillier du vers. Son œuvre poétique est constituée d’un unique recueil, « Les... [Lire la suite]

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