Poème 'Petite chapelle' de Jules LAFORGUE dans 'Premiers poèmes'

Petite chapelle

Jules LAFORGUE
Recueil : "Premiers poèmes"

Je mettrai mon cœur au cœur d’un ostensoir, au milieu d’une chapelle, dans les lumières, l’encens, les musiques
et nuit et jour viendront sangloter vers mon cœur Ceux que rien ici-bas n’assouvit, que rien ne rend heureux et se meurent dans des maux inconnus mais dont rien ne les console.

Il faudra que j’expose
Dans un ostensoir lourd
Mon cœur rongé d’amour
Que son sang pur arrose.

En cette apothéose
Mille cierges autour
Brûleront nuit et jour
Dans une vapeur rose !

Et blêmes, jour et nuit,
Sangloteront vers lui
Comme vers une Idole

Les cœurs tendres venus
Pour ces maux inconnus
Dont rien ne les console!

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Commentaires

  1. Sagesse d’un étalon
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    Le beau cheval d’argent au grand soleil s’expose,
    Dans le désert de sable il mache d’un pas lourd.
    Cupidon le menace avec son arc d’amour,
    Et le trait acéré que d’un philtre il arrose.

    La lune de sinople au goût d’apothéose
    Survole cet archer, comme fait un vautour,
    Le cheval risque ainsi de passer bien des jours
    À souffrir d’un poison au doux parfum de rose.

    Il risque d’en souffrir au cours de bien des nuits ;
    Mais, ayant discerné le danger devant lui,
    Il adresse au tireur un ou deux mots magiques.

    Cupidon, quoique indemne, hésite dependant,
    Et renonce à tirer, disant « C’est plus prudent :
    Je ne supporte pas qu’on me prenne au tragique ».

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