Poème 'Plus mille fois que nul or terrien' de Pierre de RONSARD dans 'Premier livre des Amours'

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Plus mille fois que nul or terrien

Pierre de RONSARD
Recueil : "Premier livre des Amours"

Plus mille fois que nul or terrien,
J’aime ce front où mon tyran se joue
Et le vermeil de cette belle joue,
Qui fait honteux le pourpre Tyrien.

Toutes beautés à mes yeux ne sont rien,
Au prix du sein qui lentement secoue
Son gorgerin, sous qui doucement noue
Un petit flot que Vénus dirait sien.

Ne plus, ne moins, que Jupiter est aise,
Quand de son chant une Muse l’apaise,
Ainsi je suis de ses chansons épris,

Lorsqu’à son luth ses doigts elle embesogne,
Et qu’elle dit le branle de Bourgogne,
Qu’elle disait, le jour que je fus pris.

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Commentaires

  1. De gueules au cygne d'argent
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    Des basses-cours, le cygne se souvient :
    Des vrais canards, avec lesquels on joue,
    De la fermière aux abondantes joues,
    Du troupeau d'oies qui s'en va et s'en vient.

    De cette enfance, il ne lui reste rien,
    Cygne et canard d'amitié ne se nouent ;
    L'un dans l'eau pure, et l'autre dans la boue,
    Entre ces deux ne subsiste aucun lien.

    Ce ne doit être un objet de malaise,
    Juste une idée, qu'un sombre oubli apaise,
    Ni attachés, ni l'un de l'autre épris,

    Cygne et canard ont chacun leur domaine ;
    Ce ne doit point être cause de peine...
    Mais ils pensaient, jadis, s'être compris.

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