Poème 'Sonnet d’automne' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Fleurs du Mal'

Sonnet d’automne

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Fleurs du Mal"

Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal :
 » Pour toi, bizarre amant, quel est donc mon mérite ?  »
- Sois charmante et tais-toi ! Mon coeur, que tout irrite,
Excepté la candeur de l’antique animal,

Ne veut pas te montrer son secret infernal,
Berceuse dont la main aux longs sommeils m’invite,
Ni sa noire légende avec la flamme écrite.
Je hais la passion et l’esprit me fait mal !

Aimons-nous doucement. L’Amour dans sa guérite,
Ténébreux, embusqué, bande son arc fatal.
Je connais les engins de son vieil arsenal :

Crime, horreur et folie ! – Ô pâle marguerite !
Comme moi n’es-tu pas un soleil automnal,
Ô ma si blanche, ô ma si froide Marguerite ?

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Commentaires

  1. Antilibellule
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    C’est l’antilibellule au clair coeur de cristal ;
    C’est un insecte sage, armé de grands mérites ;
    Elle n’est pas de ceux dont le vol nous irrite,
    C’est une âme sans crainte, un paisible animal.

    Elle a dans le sous-sol un sosie infernal
    Qui s’en extrait parfois pour lui rendre visite ;
    Mais en ayant recours à des lois non écrites,
    Cet insecte vaillant se garde de tout mal.

    Elle n’aura jamais des moeurs de sybarite,
    Malgré les suggestions de son double fatal,
    Lequel en vain se sert de son vieil arsenal.

    Tu as pour camarade une humble marguerite
    Qui te voit t’envoler dans le ciel automnal,
    Noble antilibellule, insecte de Magritte.

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