Poème 'Sonnet de nuit' de Tristan CORBIERE dans 'Les Amours jaunes'

Sonnet de nuit

Tristan CORBIERE
Recueil : "Les Amours jaunes"

Ô croisée ensommeillée,
Dure à mes trente-six morts !
Vitre en diamant, éraillée
Par mes atroces accords !

Herse hérissant rouillée
Tes crocs où je pends et mords !
Oubliette verrouillée
Qui me renferme… dehors !

Pour Toi, Bourreau que j’encense,
L’amour n’est donc que vengeance ?…
Ton balcon : gril à braiser ?…

Ton col : collier de garotte ?…
Eh bien ! ouvre, Iscariote,
Ton judas pour un baiser !

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Commentaires

  1. Danseur hexapode
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    Sa danse est vraiment lente, elle est ensommeillée
    Comme le menuet d’un pantin de bois mort ;
    Et pour l’accompagner, la musique éraillée
    D’un piano vieillissant, qui rate ses accords.

    Elle est ainsi, la vie, elle finit, rouillée,
    La tartine trop dure à celui qui la mord,
    La main qui n’ouvre plus la porte verrouillée,
    Le corps qui, frileux, dit : Que ferions-nous, dehors ?

    Ainsi le Chat Botté, ne portant plus ses bottes,
    Contemplant le jardin, de son regard qui flotte,
    Peut rester, tout un jour, sur sa chaise posé ;

    Dans un coin du cerveau, ce vieil esprit qui pense,
    Qui se perd volontiers dans une remembrance,
    Qui réfléchit un peu, puis s’endort, apaisé.

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