Poème 'Veillées' de FAB

Veillées

FAB

La nuit avait des pas de danse, l’espace dense des silences patients, et puis s’évaporait en feux de cheminée, en feux follets, en folie douce.

Nos veillées étaient de murs nus, de frissons de courants d’air, de fraîcheur d’été, de tapis sous nos pieds et d’étoiles sur nos têtes décoiffées.

C’était des douceurs de peaux, des sirènes au bassin de poissons dorés, des filles aux hanches mouillées, des filles blanches, des teints de lune, des reflets évanouis dans l’eau pâle, dans l’eau douce et sale.

Nos veillées étaient de liqueurs succulées, de baisers retenus, des murmures de cœur… C’était le temps qu’on respire et qui semble moins pire, pour nous les quelques anges, que les poisons étranges, moins sucrés que les fruits du jardin.

La nuit posait des maquillages, des images aux imaginations, des visions multipliées, des kaléidoscopes de visages, de métamorphoses, de lèvres roses et qui deviennent rouges, de lèvres qui bougent sur l’écho du rire, sur la grimace, le pli amer de cette bouche, la peur qui vous touche, la peur face à la mer.

J’ai peur du soleil sur la mer. J’ai peur du jour qui vient et fait mourir nos veillées et nos rêves.

J’ai peur de demain mais déjà c’est aujourd’hui.

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