Poème 'Allégorie' de Paul VERLAINE dans 'Jadis et naguère'

Allégorie

Paul VERLAINE
Recueil : "Jadis et naguère"

Despotique, pesant, incolore, l’Eté,
Comme un roi fainéant présidant un supplice,
S’étire par l’ardeur blanche du ciel complice
Et bâille. L’homme dort loin du travail quitté.

L’alouette au matin, lasse, n’a pas chanté,
Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse
Ou ride cet azur implacablement lisse
Où le silence bout dans l’immobilité.

L’âpre engourdissement a gagné les cigales
Et sur leur lit étroit de pierres inégales
Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus.

Une rotation incessante de moires
Lumineuses étend ses flux et ses reflux…
Des guêpes, çà et là, volent, jaunes et noires.

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Commentaires

  1. Nuage égaré
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    En ayant cru planer vers un beau ciel d’été,
    J’ai franchi le miroir, comme le fit Alice ;
    Dans un air refroidi, péniblement, je glisse,
    J’ai presque l’impression que je suis arrêté.

    Je me demande en quoi ma vie va consister
    Dans ce fol univers imprégné de malice ;
    Si c’est Dieu qui le veut, je boirai ce calice
    En lui offrant les pleurs de mon coeur attristé.

    Moi, j’aimerais revoir le pays des cigales
    Dont je regrette bien la douceur sans égale ;
    Je m’en suis éloigné, mais sans l’avoir voulu.

    Merci à vous d’avoir écouté mon histoire,
    Le candide récit d’un bonheur révolu ;
    Je commence à présent mon temps de purgatoire.

  2. Friandise inconnue
    ----

    Saveur des nuages,
    Je n'en ai jamais goûté,
    Donc, je l'imagine.

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