Poème 'La pucelle' de Paul VERLAINE dans 'Jadis et naguère'

La pucelle

Paul VERLAINE
Recueil : "Jadis et naguère"

Quand déjà pétillait et flambait le bûcher,
Jeanne qu’assourdissait le chant brutal des prêtres,
Sous tous ces yeux dardés de toutes les fenêtres
Sentit frémir sa chair et son âme broncher.

Et semblable aux agneaux que revend au boucher
Le pâtour qui s’en va sifflant des airs champêtres,
Elle considéra les choses et les êtres
Et trouva son seigneur bien ingrat et léger.

 » C’est mal, gentil Bâtard, doux Charles, bon Xaintrailles,
De laisser les Anglais faire ces funérailles
A qui leur fit lever le siège d’Orléans.  »

Et la Lorraine, au seul penser de cette injure,
Tandis que l’étreignait la mort des mécréants,
Las ! pleura comme eût fait une autre créature.

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Commentaires

  1. Lorraine aux vignes d'or où l'oiseau vole bas,
    Où le fruit et la fleur séduisent les abeilles,
    Où le vin met au coeur de l'homme des merveilles,
    Lorraine vient de perdre un sinistre combat.

    Le sombre tribunal d'opprobre la frappa
    Pour avoir remporté victoires nonpareilles.
    Tant de jours d'argutie et tant de nuits de veille ;
    On en vient au verdict : elle ne vivra pas.

    Église, qu'as-tu fait de ton humble servante ?
    Pourquoi l'as-tu plongée en mortelle épouvante ?
    Pourquoi, de ton enfer, veux-tu l'effaroucher ?

    Le bourreau, cependant, est fort heureux de vivre,
    Lui qui travaille mieux quand il est un peu ivre,
    Et rêve en balayant les cendres du bûcher.

  2. «Sunburned Ulysses», «Four Songs», III :
    ---------------------------------------------------

    O the vines were golden, the birds were loud,
    The orchard showered, the honey flowed,
    The Venice glasses were full of wine,
    The women were geese and the men were swine,

    And the lamp then flickered over the door.
    And the gulls went screaming along the shore,
    And the wolf crept down from the milkwhite hill
    And the stars lay bright in the frozen well :

    O my world, o what have you done to me?
    For my love has turned to a laurel tree,
    The axe hangs trembling over the Isles,
    The Lyre has loosened her flaming miles,

    And the door is locked and the key is lost
    And the gulls lie stiffening in the frost
    And the drifting snow is tracked with blood
    And my love lies cold in the burning wood.

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  1. Vierge de métal | Pays de poésie

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Paul VERLAINE

Portait de Paul VERLAINE

Paul Marie Verlaine est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896. Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs. L’emploi de rythmes impairs, d’assonances, de paysages en demi-teintes le confirment, rapprochant même, par exemple, l’univers des Romances sans paroles des plus... [Lire la suite]

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