Poème 'Il faut laisser maisons et vergers et jardins' de Pierre de RONSARD dans 'Derniers vers'

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Il faut laisser maisons et vergers et jardins

Pierre de RONSARD
Recueil : "Derniers vers"

Il faut laisser maisons et vergers et jardins,
Vaisselles et vaisseaux que l’artisan burine,
Et chanter son obseque en la façon du Cygne,
Qui chante son trespas sur les bors Maeandrins.

C’est fait j’ay devidé le cours de mes destins,
J’ay vescu, j’ay rendu mon nom assez insigne,
Ma plume vole au ciel pour estre quelque signe
Loin des appas mondains qui trompent les plus fins.

Heureux qui ne fut onc, plus heureux qui retourne
En rien comme il estoit, plus heureux qui sejourne
D’homme fait nouvel ange aupres de Jesuchrist,

Laissant pourrir ça bas sa despouille de boüe
Dont le sort, la fortune, et le destin se joüe,
Franc des liens du corps pour n’estre qu’un esprit.

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Commentaires

  1. Baalromulus et Remusbaal
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    Les serpents ennemis se tiennent au jardin,
    Et malgré leur noirceur, ils sont nobles et dignes ;
    Ils dressent leur longs cols qui m’évoquent des cygnes,
    J’ai de l’admiration pour leur corps méandrin.

    Ils ne peuvent savoir quel sera leur destin,
    Ces maîtres du désert, ces reptiles insignes :
    Dans leur comportement, je ne peux lire un signe,
    En herpétologie, je ne suis pas si fin.

    Je ne sais d’où ils sont, ni vers où ils retournent,
    Eux qui en inframonde apparemment séjournent ;
    Ou bien dans un refuge, au creux du sable gris.

    Même, on les voit parfois s’amuser dans la vase
    Qu’ils nomment du gazon, mais c’est une antiphrase,
    Rien de tel qu’un serpent pour faire de l’esprit.

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