Poème 'La Colombe poignardée' de Jules LEFÈVRE-DEUMIER

La Colombe poignardée

Jules LEFÈVRE-DEUMIER

Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le chœur ailé des airs, loin de lui rendre hommage,
Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ;
Lui-même se fuirait, en voyant son image
Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime,
Qui mêle de son sang dans tout ce qu’il anime,
Arrive dans ce monde, un glaive dans le cœur ;

Et l’on n’a point encore inventé de baptême,
Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur :
Cette tache de mort, c’est son âme elle-même.

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Commentaires

  1. Balafrée de rouge,
    La colombe poignardée :
    Miroir de mon âme.

  2. Ambicoq Tétraptère
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    De sinople est son oeil, d’azur est son plumage,
    Ce monstre inattendu n’est pas sûr d’exister ;
    D’un aigle est son regard, d’un coq est son ramage,
    De manquer de panache il n’est pas attristé.

    Au soleil matinal il rend un double hommage,
    Lui dont les deux gosiers ont plaisir à chanter ;
    Au temple du Bouddha nous voyons son image
    Qui peut nous apporter l’honneur et la santé.

    Des rapaces des cieux il n’est jamais victime,
    Il peut les effrayer quand sa vigueur s’anime,
    Héros de basse-cour, gallinacé de coeur.

    Ambicoq Tétraptère est son nom de baptême,
    Lui qui du goupil même est souvent le vainqueur ;
    Vaincu seulement par l’ambipoule qu’il aime.

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