Poème 'Le Passé' de Jules LEFÈVRE-DEUMIER dans 'Le Livre du Promeneur'

Le Passé

Jules LEFÈVRE-DEUMIER
Recueil : "Le Livre du Promeneur"

On demande ce que deviennent les jours qui ne sont plus, et si c’est le cœur de l’homme qui leur sert de tombeau. Non, croyez-moi ; tout paraît mourir, mais rien ne meurt en effet ; hier existe encore, quoique vous ne le voyiez plus. Vos jours évanouis sont des absents qui ne reviennent pas, mais qui ne sont pas perdus. Ils ont, comme dans un sanctuaire, suspendu leurs images dans votre âme, et quand vous dormez, quand vous rêvez, ils viennent souvent s’y entretenir comme autrefois, et déranger la poussière qui couvre leurs portraits. Le passé vit toujours sous la neige des ans. C’est l’eau vive qui court toujours sous la carapace de glace, l’eau vive où serpentent, comme des flèches de pourpre et d’or, comme des grappes de pierreries voyageuses, comme des fleurs qui fuient et ne se fanent pas, mille nageurs silencieux qui sont les souvenirs.

27 janvier

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