Poème 'Le squelette' de Paul VERLAINE dans 'Jadis et naguère'

Le squelette

Paul VERLAINE
Recueil : "Jadis et naguère"

Deux reîtres saouls, courant les champs, virent parmi
La fange d’un fossé profond, une carcasse
Humaine dont la faim torve d’un loup fugace
Venait de disloquer l’ossature à demi.

La tète, intacte, avait un rictus ennemi
Qui nous attriste, nous énerve et nous agace.
Or, peu mystiques, nos capitaines Fracasse
Songèrent (John Falstaff lui-même en eût frémi)

Qu’ils avaient bu, que tout vin bu filtre et s’égoutte,
Et qu’en outre ce mort avec son chef béant
Ne serait pas fâché de boire aussi, sans doute.

Mais comme il ne faut pas insulter au Néant,
Le squelette s’étant dressé sur son séant
Fit signe qu’ils pouvaient continuer leur route.

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Commentaires

  1. Lyre de sinople
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    Pour offrir un beau rêve à l’ermite endormi,
    La lyre de sinople a des sons efficaces ;
    Il lui suffit souvent d’un petit air fugace
    Pour apaiser d’un coup le blessé qui gémit.

    Le moustique pervers, du sommeil ennemi,
    Cesse de voleter, car ses ailes sont lasses ;
    Le sombre cauchemar, qui parfois nous tracasse,
    Ne tourmentera plus notre âme qui frémit.

    Par les beaux soirs d’automne, en rêve je l’écoute
    Et je me sens pousser des ailes de géant ;
    Je pense m’approcher de la céleste voûte.

    Mon coeur sans ralentir traverse l’Océan,
    Un Bouddha m’accompagne au Pays du Néant ;
    La lyre me conduit sur la cosmique route.

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